Larmes et prières en Indonésie un an après le tsunami
BANDA ACEH (AFP) - Avec des larmes et des prières l'Indonésie s'est recueillie lundi, à l'instant précis où un an plus tôt le tsunami semait la mort et le chaos au nord de l'île de Sumatra.
Une minute de silence a été observée dans la province d'Aceh à 08H16 (01H16 GMT), l'heure précise où le raz-de-marée a frappé le rivage.
"Mesdames et messieurs, inclinons-nous maintenant en silence pour prier à la mémoire des centaines de milliers de personnes qui ont perdu leur vie à cause du tsunami du 26 décembre de l'an passé", a déclaré le président indonésien Susilo Bambang Yudhoyono lors d'une cérémonie près de la capitale provinciale.
Le 26 décembre 2004, un séisme de plus de 9 degrés sur l'échelle de Richter au large de Sumatra avait provoqué un raz-de-marée géant qui avait touché plus de dix pays du pourtour de l'océan Indien.
Plus de 168.000 morts ou disparus furent recensés à Aceh, la zone la plus touchée car la plus proche de l'épicentre du séisme sous-marin.
Face à une assemblée d'environ 500 personnes, dont des représentants de dizaines de pays étrangers, M. Yudhoyono a salué le courage des rescapés.
"Nous rendons hommage à tous les survivants du tsunami pour leur force et leur courage. Vous nous rappelez que le vie est belle et qu'elle vaut la peine de lutter pour elle", a lancé le chef de l'Etat indonésien.
Il a ensuite assisté à la mise en route d'une sirène faisant partie d'un système d'alerte antitsunami actuellement mis en place.
Par milliers les habitants de la province sont retournés vers les fosses communes où ont été enterrés de façon anonyme leurs proches.
A la mosquée d'Ulee Lheu, en bordure de Banda Aceh, Hamridar, une mère de 43 ans, tenait dans sa main une photo de ses quatre enfants emportés par la vague. "Je suis venue en souvenir de mes enfants", déclarait-elle émue.
Certains, une année plus tard, rêvent encore parfois de retrouver leurs enfants disparus. "Je pense que seul un miracle pourrait les faire revenir. Il ne sert à rien de pleurer car cela a été ordonné par Allah", disait Tuti Suyanti, 32 ans, qui a perdu ses deux enfants.
"D'une certaine façon je conserve l'espoir de les retrouver, mais je m'en remets à Dieu", ajoutait-elle.
A Lok Ngha, une plage aux palmiers arrachés par le tsunami, des surfeurs français étaient présents. "Nous sommes là pour montrer que nous n'oublions pas ces gens", confiait l'un d'entre eux.
A la grande mosquée Baiturrahman de Banda Aceh, des centaines de fidèles habillés de blanc se sont rassemblés pour une prière remplie d'émotion, conduite par l'imam Muhammad Arifin Ilham, qui pleurait en lisant les versets du coran.
Les plus grands défis à relever après le tsunami sont à venir, a estimé le secrétaire général de l'Onu, Kofi Annan, dans un message diffusé par vidéoconférence lors de la cérémonie présidée par M. Yudhoyono.
"D'une certaine façon les jours les plus difficiles sont à venir", a déclaré M. Annan. "Les soutiens de famille ont terriblement besoin de retrouver leur gagne-pain. Des centaines de milliers de familles ont besoin de s'installer à nouveau dans un foyer permanent et les villages doivent être reconstruits".
Le secrétaire général de l'Onu a toutefois relevé des "progrès considérables dans de nombreux domaines", un an après la catastrophe.
"Les enfants sont de retour à l'école, les épidémies ont été évitées, des dizaines de milliers de survivants sont employés dans des activités rémunératrices, l'aide alimentaire parvient à toutes les familles frappées", a-t-il dit.